Julie & Co

Un peu de moi, de ma vie, de mes créations

11 octobre 2008

Big brother dans mon quartier

Mardi soir, je regardais une émission à la télévision. Elle parlait du Big Brother virtuel. Grâce à Internet nous sommes tous fichés, tous surveillés.

Ce n’était pas une nouvelle pour moi mais je me demandais si cela était dans la nature humaine.

Serions nous tous enclin à surveiller notre prochain? Et si c’était le cas, d’où nous venait cette volonté de tout savoir sur tous?

Le vieux monsieur qui me servait à l’épicerie de mon quartier savait exactement qu’elle sorte de chewing gum j’achetais, mon buraliste me donnait mon paquet de cigarettes sans que j’ouvre la bouche et même ma voisine savait l’heure exacte à laquelle je sortais mon chien pour éviter de me croiser.

Philippe et moi avions rendez vous dans un restaurant qui venait d’ouvrir. Sa particularité était que nous repartions avec un dvd , le restaurant étant équipé de caméras qui nous filmait durant la soirée.

Big Brother s’infiltrait même dans nos assiettes.

Lorsqu’un homme vous raccompagne de votre troisième rencard il est d’usage , que vous échangiez votre premier baiser.

Quel émoi que ce contact rapproché, premier test de compatibilité, le premier baiser laissant présager de la suite des évènements.

Philippe est un homme à protocole. Ce premier baiser était doux, sensuel et nos lèvres semblaient se connaître, ne s’étant pas oublié depuis ces années passées.

Je sentais le zsazsazu (vous savez ce gratouillement , ces papillons qui viennent vous chatouiller le bas ventre) monter en moi, très très bon signe de la suite des évènements.

Et alors que mes yeux s’entrouvraient je vis ma baby sitter nous regarder derrière le rideau.

Big Brother s’invitait chez moi!!!

J’en parlais le lendemain avec Claire et Marie autour d’un café.

-Tu sais ma chérie c’est chose courante et depuis toujours je pense.  Moi même je regarde depuis plusieurs semaines chez mon voisin, j’adore mater son petit cul me dit Claire

- Mais enfin Claire ça ne se fait pas de regarder chez les gens comme ça! répondit Marie

-Ce n’est pas tant le geste qui me choque c’est que cela est devenu récurant pour beaucoup de gens. On ne respecte plus aucune intimité , même les toilettes publiques des galeries marchandes ne sont plus totalement fermées; vous savez il y a ce « jour » au niveau du plafond! dis je.

-En tout cas moi je continuerai à regarder mon voisin .Qui sait si sa serviette ne va tomber de ses hanches lorsqu’il sortira de sa salle de bain, un de ces jours.

-Et bien moi je vais aller m’acheter des rideaux! gronda Marie

Finalement tout le monde « mater » tout le monde et depuis toujours. Je me souvenais des histoires de voisinage déjà chez mes grands parents lorsque j’étais petite. Des histoires d’arrosage de pelouse pendant une sécheresse.

Peut être même que c’est comme ça que les différentes tribus d’homo sapiens avaient progresser dans l’évolution, en épiant les autres groupes.

Le lundi suivant je lisais le journal lorsqu’une nouvelle me sauta aux yeux.

« Une femme sauvée par son voisin alors qu’elle faisait une tentative de suicide »

L’article expliquait qu’un homme avait pu arrêté à temps une femme voulant se suicider. En effet habitué à la voir partir faire son jogging tous les matins à la même heure, il avait été étonné ce jour là ne pas la voir.

Il avait frappé chez elle . N’obtenant pas de réponse mais entendant du bruit dans l’appartement , s’était penché par son balcon pour regarder si tout aller bien.

C’est alors qu’il l’avait vu poussant la chaise qui la maintenait au bout du corde. Il avait défoncé la porte de chez elle et l’avait secouru.

Finalement Big Brother pouvaitt être extrêmement pénible mais salvateur également . Une bonne raison pour continuer à pratiquer le voyeurisme...

.

Michel Bernard


"le voyeur est toujours captif du réel. et c'est sans doute pourquoi l'onanisme est sa liberté. "

Anthologie de l'érotisme contemporain (1979) Michel Bernard

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03 octobre 2008

Un marronier qui pleure

La vie est faite d’une multitude de choix.

«Dois je porter cette robe ci ou ce tailleur là pour cet entretien d’embauche? Est ce que ce rouge à lèvres va convenir à ce rendez vous galant? Est ce que j’inscris mes enfants dans cette école ou dans un établissement privé? Ce soir je mange des légumes ou des frites?»

La question qui me taraudait actuellement et depuis quelques semaines était :«Dois je aller au mariage de Pablo?»

Certaines femmes auraient clairement dit «Non!» Se rendre à cette invitation aurait été comme se jeter dans la gueule du loup, se rendre vulnérable devant son bonheur.

Pour moi c’était plus compliqué que ça. Ne pas y aller s’était comme refuser ce que nous avions vécu, l’effacer de ma vie. Or il avait fait parti de ma vie et qu’il se marie, même seulement quelques mois après notre rupture, ne justifiait pas que je doive le traiter comme un paria.



Claire et moi, nous étions donc octroyées un après midi shopping afin de me choisir une tenue époustouflante, car comme chaque femme le sait, quand on se trouve jolie on a confiance en soi et c’est exactement ce dont j’avais besoin pour affronter ce mariage.



-«Tu y vas avec tes filles?» me demandait Claire pendant que j’essayais une robe blanche avec un décolleté qui ne laissait rien deviner.

-«Je ne pense pas, je ne veux pas leur imposer ça et puis on ne sait jamais ce qui peut arriver. Je préfère leur éviter de voir leur maman en larmes ou qui noie son chagrin dans l’alcool. Et puis si j’ai besoin de prendre l’air après la cérémonie…elle est trop sexy cette robe tu ne trouves pas?»

-«De toute façon je serai avec toi, alors ne t’inquiètes pas pour le choc «post noces». Non je la trouve très bien cette robe , je serai toi je la prendrai même en rouge!» me répondit Claire avec un clin d’œil .



Le samedi du mariage alors que je refermais la porte de mon appart et que je regardais mes filles me faire «au revoir» , la voiture de leur père les emmenant loin de moi pour 48 heures, la panique m’envahit. J’appelais Claire:

-«Je ne peux pas y aller! C’est au dessus de mes forces! Me prendre leur bonheur en pleine tête , très peu pour moi…»

Blanc à l’autre bout du fil

-«Claire?»

-«Oui ma biche. Je comprends! Je t’appelle ce soir et si tu veux je t’offre le resto. Ok?»

-«D’accord! Bisous.»

Je m’effondre par terre, j’allume une clope et un flot de larmes m’envahit.



19 h, Claire me raconte la cérémonie devant un Gin Fizz.

-«Franchement ma chérie tu n’as rien loupé; La mariée ressemblait à une énorme meringue, il y avait tellement de fleurs dans l’église que j’en ai une migraine horrible et le blabla autour de leur amour: risible!»

Je souris timidement.

-«Et son alliance?»

-«Un truc énorme et vulgaire!»

Cette fois je ris. Claire est adorable de me mentir ainsi. Je sais que la mariée était superbe, que sa robe d’un grand couturier était magnifique, sans faute de goût. Que son bouquet de lys blancs était assorti magnifiquement à son voile et que Pablo était fier d’avoir à son bras sa si jolie épouse quand ils sont sortis de l’église. Je le sais parce que cet après midi là ,cachée derrière un des marronniers de la place de l’église, une mère de 3 enfants ,en larmes , disait «adieu» à l’homme qu’elle avait aimé passionnément, intensément.

La jalousie naît avec l'amour, mais elle ne meurt pas toujours avec lui (La Rochefoucauld).

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22 septembre 2008

Je n'embrasserai pas la mariée

Ce matin là , après avoir déposé les filles à l’école, fais mes courses hebdomadaires, je pris mon courrier au passage et je montais chez moi.

Une lettre attirait plus particulièrement mon attention. L’adresse était écrite à la main et deux petits cœurs étaient apposés en haut à gauche de l’enveloppe.

Je décidais de l’ouvrir en montant les escaliers jusqu’à chez moi tant ma curiosité était piqué à vif. Je ne connaissais personne susceptible de se marier.

«  Melle Cécile Durand et Mr Pablo de Augusta ont l’honneur de vous convier à leur mariage le samedi 15 novembre à 17 h en l’église St Pierre … »

Je m’écroule sur les marches, mes jambes ne me portent plus.

Comment a t il pu passer si vite de notre relation à une autre? Cela fait à peine 5 mois que nous nous  sommes séparés. Est il possible de se marier aussi vite? Pourquoi m’invite t il?

Arrivée à l’intérieur de mon appartement j’appelle Claire pour lui demander si elle a reçu une invitation.

- Et bien en fait oui j’en ai reçu une. Tu vas venir n’est ce pas?

- Franchement je ne vois pas ce que je ferai là bas. Un samedi après midi de gâché…. à me dire que c’est moi qui devrais être à la place de la mariée.

-Allez viens avec moi… on pourra critiquer ce qu’on voit, ce qu’on entend. Ça t ‘aidera à faire le deuil de cette relation.

- J’ai fait le deuil Claire.

- Si tu avais fait le deuil tu ne le prendrais pas si mal.

- C’est pas une question de deuil, c’est une question de compréhension. Et vraiment pour l’instant je ne comprends pas dans quel but cette invitation a atterri dans ma boite aux lettres.

- Il te reste un mois et demi mais promets moi quand même d’y réfléchir.

-Ok je vais y penser . Bisous ma belle.

J’avais mon après midi de libre. Pourquoi ne pas aller faire un tour au parc pour essayer d’oublier cette fichue invitation. J’attrape un livre: « le rouge et le noir » au programme de mon année de lettres modernes.

Il fait beau et doux. Je repère un banc libre. Je m’assois , pose mes lunettes de soleil sur mon nez et me plonge dans mon bouquin. Tellement absorbée par les intrigues de Julien et de Mme de Rénal , je ne m’aperçois pas qu’un homme s’est assis à l’autre bout du banc. Quand je relève la tête il me regarde ou plutôt il fixe mon profil. Gênée je me tourne pour faire face à lui et … merde alors ( ou plutôt chouette!) c’est Philippe.

On parle , on parle , on n’ arrête pas de parler. De tout , de rien, de lui, de moi, de ma vie , de mes filles, de mon divorce et de nos amours déchues.

Le temps passe , ou plutôt il file entre nos doigts. J’aime rire de ses plaisanteries, échanger des opinions , me plonger dans ses yeux marrons. ( tiens il a quelques rides de plus au coin des yeux! )

J’ai l’impression que les années où nous nous sommes perdus de vue n’ont jamais existés.

Quand je regarde ma montre il est déjà 16 h 15 . Il est temps que je parte chercher mes princesses à l’école.

Philippe me fait jurer de l’appeler en me donnant son numéro de téléphone portable.

Je marche que dis je , je vole vers l’école. Je me sens légère, jolie, heureuse.

Philippe a réussi à me faire oublier le mariage de Pablo . Mais une chose est sure je ne féliciterai pas et n’embrasserai pas la mariée.

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13 septembre 2008

Education non violente oui mais....

Devenir parents c’est comme un premier tour dans un grand 8, on ne connaît pas ses réactions ni celles qu’auront les gens qui sont montés dans notre wagon. Il y en a qui crient, d’autres qui ferment les yeux, il y a ceux qui lâchent la barre de sécurité pour plus de sensations, ceux qui pleurent de peur et ceux qui jurent qu’on ne les y reprendra plus.

L’éducation de nos enfants c’est vraiment comme le grand 8, on ne sait pas comment on va réagir devant cette petite chose si complexe.

Je me souviens d’avoir assisté à une scène vraiment violente qui m’avait laissé un gout amer. Un petit garçon de 2 ans et demi je pense, était assis sur une table en plastique à environ 1 mètre du sol, cette dite table étant elle-même posée sur un trottoir en béton. Le frère ainé était arrivé et avait brusquement poussé son petit frère de la table, qui était tombé sur le sol. La mère était arrivée et avait dit tendrement à son fils ainé «  tu sais que je ne veux pas que tu pousses ton frère ».

J’avais écarquillé de grands yeux !

Comment cette mère aurait elle réagi si son petit s’était brisé la nuque ? Lui aurait elle expliqué calmement qu’il était mal d’avoir envoyé son frère à l’hôpital probablement entre la vie et la mort ? Voici un exemple d’éducation non violente.

Pour ma part je n’ai le souvenir que d’une seule fessée dans mon enfance… formidable devrais je dire et pourtant j’ai envie de dire « au secours » car si je ne me souviens que d’une combien en ai-je reçu avant mes 2 ans pour être si sage par la suite ?

Mais j’ai envie également de rebondir : les fessées que nous aimons recevoir adultes dans l’intimité de nos chambres, la domination intellectuelle des hommes que nous aimons ,d’où nous viennent elles ? De notre enfance ?

Magali m'a avoué n’atteindre la jouissance que dans un état de domination, Marie adore mettre des menottes à ses amants et les punir, Claire se « déguise » en soubrette pour son mari….

Finalement les fessées de notre enfance ne pimenteraient elles pas notre vie d’adulte ? Serions-nous d’aussi bonnes amantes sans la recherche de la domination ?

Je vous laisse juger et pensez à moi lors de vos prochains « jeux ». En vous souhaitant beaucoup de plaisir…

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02 septembre 2008

Déménagement, nouveau départ...

       Tous mes cartons , mes quelques meubles sont dans le camion. Je jette un dernier coup d’œil à mon appartement…. Flash back: la naissance de Clémence, mon divorce, les soirées entre copines ,les fous rires avec mes filles,  les flûtes de champagne pour fêter mon bac, les larmes dues à ma séparation avec Pablo.

Un nouveau départ , un nouvel appartement . Je me rapproche de la fac de lettres que j’intègre en octobre.

Pourquoi est il si difficile de quitter les murs qui nous ont abrités pendant quelques années? L’important n’est il pas notre mémoire, nos souvenirs?

Peut être parce qu’un déménagement c’est aussi une séparation avec nos amis, ceux qui promettent qu’  « on se reverra » mais on sait bien que c’est peu probable.

Peut être aussi parce que quand on est arrivé dans ces quatre murs on était plein de rêves, de projets et que finalement le temps a filé sans qu’on ne réalise la moitié de ceux ci?

L’automne est une jolie saison: les feuilles rougissent, brunissent, elles tombent peu à peu . Les derniers rayons du soleil nous réchauffent encore un peu la peau et le cœur. La nuit tombe plus tôt chaque soir , nous rappelant que dans quelques semaines, les lumières de noël prendront le relais des chaudes soirées d’été.

Mon cœur est comme l’automne à ce moment précis, celui où je regarde dans le rétroviseur de ma voiture s’éloigner ma rue, mon quartier. Il est chaud de ce que j’ai vécu ces derniers mois et il me promet de nouveaux bonheurs.

Jessica  m’attend au pied de mon nouveau «  chez moi ». Elle a vaincu son cancer , plus qu’une seule séance de chimiothérapie. Claire est en instance de divorce.

Magali poursuit sa vie , partagée entre son mari , ses enfants et son nouveau job.

Marie a rencontré un homme de 10 ans son cadet alors qu’elle était seule en vacances à Hammamet en août et elle jongle entre son mari et son nouvel amant.

Finalement, chacune poursuit sa vie. Unies à jamais , étant présente pour chacune , à chaque moment , le jour comme la nuit.

J’ai fait un trait sur ma vie sentimentale, l’essentiel est ailleurs pour l’instant. Je ne dis pas que quelques amants ne passeront pas dans ma vie, mais je ne veux plus d’une relation où « concessions » est le maître mot.

Comme disait l'ami Léo  «  avec le temps va tout s’en va »….. Mais je suis certaine que les souvenirs restent et que chaque expérience nous rend plus fort! Je continue donc toujours plus forte.

Posté par maman douceur à 20:13 - Julie écrit - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

11 août 2008

Esprit de noël , es tu là?

Je vous livre aujourd'hui un conte de noël, écrit il y a quelques mois.... même si la période ne s'y prête pas j'espère qu'il vous plaira.                                          

Magali et moi sommes au téléphone depuis une demi-heure. Elle m’expose son souci pour noël :

- tu comprends si Franck prend les enfants pour noël cette année, ça veut dire que nous aurons les enfants d’Antoine et pas les miens et l’année prochaine se sera l’inverse. Oh c’est compliqué !! Je ne sais pas quoi faire.

(Franck est l’ex mari de Magali et Antoine son nouveau conjoint qui lui-même est séparé de Justine avec qui il a eu 2 enfants)

-Tu as essayé de voir avec Franck pour sauter une année ?

-Il refuse, il dit que ça fait 2 ans que j’ai les petits pour noël.

-Et Antoine il ne peut pas voir ça avec Justine ?

- Non parce que le nouveau mec de Justine n’a pas ses enfants à noël et ils partent une semaine à Marrakech, ils ont réservé depuis des mois et ne veulent pas modifier leur séjour.

Magali me parle de ses soucis pendant encore environ une heure. Elle ne veut pas de mes solutions, elle veut que je l’écoute, une épaule où déverser son trop plein d’émotions : un noël sans ses enfants mais avec les enfants de son conjoint…

Lorsque je raccroche, je suis admirative : comment fait mon amie pour être si psychologue avec toutes les personnes qui gravitent autour de son nouveau couple ? Elle essaie de faire le bonheur de tout le monde en se mettant en retrait. L’esprit de noël y serait il pour quelque chose ?

Toujours est-il que Magali ne trouve pas d’arrangement, elle se résout donc à passer noël sans ses enfants. D’ailleurs elle me dit elle-même une après midi devant un café : «  tu sais ma Julie on récolte ce que l’on sème, si j’étais resté avec Franck je passerai tous les noëls avec les petits…. »

La vie nous rappellerait elle sans cesse les erreurs ou les mauvais choix que nous faisons ? Serait ce une façon de nous punir ? Au même titre que la paire de chaussures qu’on a payé 200 euros et qui nous fait mal au pied comme pour nous rappeler que «  certes ces chaussures sont magnifiques mais avais je les moyens de me les offrir ? »

Et si c’est le cas, comment réussir à être heureux malgré tout ?

Pendant ce temps là l’esprit de noël frappait Claire : elle voulait à tout prix réunir ses parents et ses beaux parents pour le réveillon de la st sylvestre, qui soit dit en passant ne pouvait pas se supportaient plus de 10 minutes dans la même pièce.

-Tu sais ça me ferait tellement plaisir pour les enfants que tous leurs grands parents soient réunis une fois dans l’année ! »

- Je te rappelle juste que la dernière fois ton père a failli jeter une coupe de champagne à la figure de ta belle mère.. ; »

-Je sais mais il m’a promis de faire un effort cette année »

- En tout cas moi, je cacherai tout objet tranchant »

Le soir du réveillon, cette année là, je me suis promenée sur les Champs Elysées au milieu des anonymes. J’ai vu des couples qui se tenaient par la main, des enfants avec des étincelles dans les yeux qui scrutaient le ciel pour voir si le traineau du père noël passait, des célibataires qui se dépêchaient de rentrer chez eux pour emballer les derniers cadeaux …… et je l’ai vu, lui, au milieu de la foule.

La trentaine, son bonnet enfoncé jusqu’aux oreilles, le col râpé de son manteau remonté sur son cou, il soufflait sur ses doigts gelés, assis en tailleur sur le trottoir. Ses yeux bleus délavés m’ont fixée un long moment, j’ai souri et j’ai vu devant lui une casquette avec quelques euros à l’intérieur. Je me suis accroupie pour lui parler, lui demander ce qu’il souhaitait pour noël. Il m’a répondu :

« - votre sourire a été mon plus joli cadeau ».

Ce soir là j’ai appris que la magie de noël pouvait être partout, à chaque coin de rue, à chaque minute et qu’il ne fallait pas grand-chose pour apportait du bonheur.

Après les fêtes nous nous sommes toutes retrouvées un soir au resto.

Magali a avoué avoir passé un bon noël malgré tout, même si son cœur était serré en ouvrant les cadeaux le matin du 25 sans ses enfants.

Claire a juré que plus jamais elle n’inviterait ses parents et beaux parents en même temps, son beau père ayant dit sous l’emprise de l’alcool que sa mère était, je cite  « une pseudo aristo frigide et mal baisée ». Ce qui, bien entendu, avait déclenché les foudres de son père.

Quand à moi je crois avoir passé le plus joli des réveillons. En donnant un sourire c’est de la chaleur que j’ai reçu et jamais je n’oublierai cet homme. C’est le plus joli cadeau que j’ai reçu cette année là.

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10 août 2008

Julie

Julie

Au plus profond de ton être

Si tu veux la connaître

Il faudrait que tu lises

Au travers de ses vers

Car parfois elle se brise

Elle voudrait changer d’air

Julie

On l’a dit singulière

En fait elle est multiple

Elle fait tout à l’envers

Elle est cosmopolite

Et puis elle se perd

Dans ce monde si moraliste

Julie

Elle se cache derrière

Ses sourires enjôleurs

Quand elle est solitaire

Même si ça lui fait peur

C’est pour mieux voir à travers

Ce qui ferait son bonheur

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07 août 2008

"Capital" ou province

Depuis quinze jours je prépare mon bac, l’échéance est prévu dans 5 jours.

Ce projet me tient réellement à cœur, il est l’aboutissement de 10 mois de travail et de plusieurs mois de remise en questions.

Dix mois plongé dans l’histoire de la seconde guerre mondiale à nos jours, la grammaire, la conjugaison , le vocabulaire espagnol et anglais, l’explication et le résumé de texte de la langue de Rabelais.

Dans une semaine j’aurai joué mon avenir professionnel.

Et mon avenir amoureux où en est il? Pablo et moi , nous voyions en fonction de nos emplois du temps respectifs, de ses voyages, de mes cours. Notre histoire est toujours aussi passionnée. Il y a 3 jours, il m’a demandé de venir vivre avec lui dans son loft en province. Il n’aurait pas dû , cette question me trotte dans la tête depuis. Cela n’était pas prévu dans mon programme, dans mon chemin de vie. Si j’obtient mon bac, je dois intégrer la Sorbonne pour des études littéraires et faire ce que j’ai toujours voulu: écrire.

Cela signifie aussi que je devrais moins voir mes amies et que mes filles verront moins leur père.

Dois je être égoïste? Écouter mon cœur? Suivre mes ambitions professionnelles? Notre histoire ne peut elle pas continuer ainsi? Devoir mener de front mes études, ma vie de mère et même parfois être dans le rouge à la banque , me remplit d’une rage de vaincre que je ne connaissais pas.

Magali est venue me voir accompagnée de Claire , elles disent que j’ai trop le nez dans mes bouquins ,que c’est une pause forcée et de plus elles n’ont pas de mes nouvelles depuis 10 jours. Suis je toujours vivante?

-La province, quelle chance!! J’en rêve depuis des mois! Une maison au calme , de l’espace pour les enfants, les petits bonheurs simples, ne plus courir dans le métro, être coincée dans les embouteillages…dit Magali.

- Je parie que tu n’y survivras pas 1 mois clame Claire. Tu pourras vivre à 15 kms de la première ville? Dormir dans le calme de la campagne?

- J’en sais rien les filles. Pfffffffffff toujours faire des choix ! Pourquoi il m’a demandé ça. Et pourquoi lui ne viendrait pas emménager ici ou dans un appartement plus grand qu’on louera ensemble? Et puis Magali j’ai pas envie de m’éloigner de toi avec ce que tu vis en ce moment. Et puis échanger mes escarpins contre des bottes en caoutchouc…..

J-1 avant le grand jour du début des épreuves, Pablo m’a téléphoné pour me souhaiter « bonne chance » et la grande question est revenue sur le tapis!

Je suis dans mes pensées, dans le noir, allongée sur mon lit. Pourquoi est ce si capital pour lui que nous vivions ensemble?

Je ne me sens pas prête ,moi, à revivre avec quelqu’un, je me suis habituée à vivre avec mes filles, manger quand j’ai faim, regarder le film dont j’ai envie le soir, traîner le dimanche dans le plus horrible pyjama mais aussi le plus confortable, que mon « ticket de métro » ressemble parfois à un « ticket restaurant ».

Allez stop les questions pour ce soir , je dois me concentrer sur mon unique but: mon bac! 3 jours qui décideront de mon avenir et si Pablo m’aime il comprendra, sera patient. Les rendez vous amoureux, une relation platonique , cela peut être très très vivifiant pour notre couple.

Épreuve du bac me voici , je cours vers toi comme un premier rendez vous, la boule au ventre et l’espoir dans les yeux.

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05 août 2008

Le cancer n'aura pas ton sein

Appeler Pablo ou ne pas l’appeler ? C’était le sujet de discussion qui nous animait ce samedi après midi là depuis une demi heure.

-Tu ne dois pas l’appeler. Il t’a dit qu’il le ferait ! Si tu lui téléphones tu vas paraître désespérée! me dit Claire.



- C’est vrai que je suis super heureuse depuis une semaine. T’as vu ma tête? Trois nuits que je dors trois heures et le pire c’est le réveil. Tu sais le moment où tu n’as pas pris conscience de ce que tu vis, celui où tu te sens bien et un quart de secondes après tu te souviens...



- De toutes façons tu ne peux pas rester dans le doute…. L'expression « qui ne dit mot consent » ok mais là quand même!!! Appelles le , au moins tu seras fixée et au pire des cas tu pourras faire ton deuil de cette histoire et passer à autre chose rétorque Magali.



-Et toi Jessica? Tu en penses quoi? Tu ne me conseilles rien?



-Fais comme bon te semble mais j’ai bien l’impression que s’il a décidé de rompre à cause de tes enfants cela ne te fera pas plus souffrir que dans l’état actuel.



- Allez on change de sujet! Qui veut venir au ciné mardi après midi avec moi? demande Marie.



- Je ne peux pas je bosse répond Claire .



-J’ai cours d’espagnol mardi après midi, lui dis je avec un sourire désolé. Mais Jessica tu peux toi c’est le jour de garderie de tes enfants, non?



-Ce sera sans moi, j’ai rendez vous au CHU. J’ai un cancer du sein les filles.



Nous nous sommes regardées incrédules, ne voulant pas comprendre ce que Jessica venait de nous annoncer.



Plus tard dans la soirée je repensais à mon amie, au courage qu’elle avait! Elle nous avait expliqué qu’après un moment de désespoir elle avait décidé de positiver. Elle se battrait contre le cancer et il n’aurait pas sa peau.



Mon histoire et mes questionnements au sujet de Pablo me paraissaient bien puérils tout à coup.

Est ce que la vie nous envoie des signes pour nous faire comprendre que notre vie est plutôt belle finalement? Et que nos problèmes, dérisoires, ne sont rien par rapport à ceux de nos proches?



Le mardi suivant en fin d’après midi j’étais au téléphone avec Jessica afin de prendre de ses nouvelles quand on sonna à ma porte.

Pablo était devant moi, un énorme bouquet d’arôme à la main.



-Chut ne dis rien! Mettez vos chaussures toutes les quatre, je vous emmène diner.

Et dans un souffle, il murmura à mon oreille:”Pardon petit cœur, pardon de ne pas avoir compris plus vite. Est ce que tu me pardonneras?”

Je ne savais que lui répondre, j'avais besoin d'en savoir plus sur son silence. Un simple sourire fut ma réponse.



Il a été un amour avec mes filles qui l’ont charmé très rapidement. Mais je n’étais pas entièrement de ce dîner, chaque instant je repensais à Jessica et à ses paroles tout à l’heure au téléphone.

«Promets moi de faire une mammographie Julie, promets le moi! Si je n’avais pas attendu… ça faisait déjà un moment que j’avais senti cette boule dans mon sein… si j’avais été plus courageuse je n’aurai peut être pas besoin de passer par la chimiothérapie et autres joyeusetés , aujourd’hui .»



Elle avait raison mon amie qu’il est bon de se laisser bercer de rêves même si ils nous cachent la vérité ,celle qu’on ne veut pas admettre parce qu’à la simple idée de celle ci , la peur nous prend au ventre .



Le lendemain matin, je prenais rendez vous chez mon gynéco.





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04 août 2008

Mère célibataire

Ce qu’il y a de formidable lorsqu’on commence une histoire d’amour c’est la découverte…. de l’autre, de ce qu’il aime et qu’il vous fait découvrir, de ses petites manies qu’on trouve charmantes, des attentions qu’il a pour vous, des heures qu’on partage et qui filent comme des secondes, l’odeur de son parfum qu’il laisse sur vos vêtements, des discussions à n’en plus finir, du goût de ses baisers dont on ne se lasse pas.

J’avais revu Pablo à son retour de Lyon et depuis je lui accordais le peu de temps que j’avais de libre.

Je m’arrangeais pour le voir chez lui ou dans un bon restaurant, au cinéma ou dans un bar à la mode. Cela durait depuis presque deux semaines mais je savais que cela ne pourrait plus être possible très longtemps. Il avait envie de découvrir mon "chez moi", mon univers.

Si je retardais tant ce moment c’est que je n’avais pas osé lui dire que j’étais une "mère célibataire".

J’avais peur qu’il ne me voit plus de la même façon, que ce dont j’étais la plus fière, mes enfants, ne soit pour lui qu’une source d’ennui ,un défaut plus qu’une qualité.

Il est déjà si difficile de faire un bout de chemin avec quelqu’un quand on est seul alors avec des enfants… et qui plus est je le faisais devenir beau père de trois enfants lui qui n’était même pas père d’un seul. Et si ce rôle le faisait fuir?

Jessica et Marie se sont jointes à moi pour un après midi shopping. Devant un café qui clôture notre folie consommatrice je leur avoue mon « non dit » et les craintes que j’ai.

« Tu ne sais pas comment il va réagir, peut être qu’il rêve d’être père! Tu lui offres ce rôle et avec les trois plus adorables petites filles que je connaisse…. » m’affirme Jessica

« Oui mais c’est quitte ou double , il commence à prendre de l’importance dans ma vie , je m’attache un peu plus chaque jour, je ne veux pas tomber de haut » dis je.

«  De toutes façons tu ne peux pas continuer à lui cacher l’existence des filles. Et franchement si il te quitte pour cette raison tu n’auras rien perdu, au contraire il t’aura fait gagner un temps précieux en te montrant son vrai visage » continue Marie . « N'est ce pas ? » dit elle en regardant un groupe de jeunes filles assises à une table  près de la nôtre pour qui notre conversation à l'air des plus croustillante.

Je lui fais les gros yeux.

«  Elles n’ont pas raté un mot de notre conversation, autant qu’elles nous donnent leur avis. » Décidément j’adore Marie, elle est irremplaçable, elle est entière!

Le week end suivant mes filles étaient chez leur père, c’était l’occasion rêvée pour parler à Pablo et lui faire découvrir mon « chez moi ». Nous devions nous retrouver dans un bar à vin . J’avais à peu près une heure pour lui avouer la vérité, transformer mon « non dit » en « c’est comme ça elles font parties de moi, comme une de mes qualités ou un de mes défauts ,ou tu l’acceptes ou on se dit adieu »

Mon cœur battait la chamade, je guettais chaque mot, espérant qu’une de nos conversations me laisserait une porte ouverte. Et enfin il me tendit la perche tant attendue.

« J’ai des amis qui ont une maison en Normandie, ils me proposent de venir dans 15 jours. Ça te dit de te joindre à moi? En plus ils ont des enfants adorables. Je suis certain que l’on passera de superbes vacances. »

« Écoutes Pablo, il faut que je t’avoue quelque chose. Je ne vis pas seule… c’est pour ça.. Enfin tu comprends…. »

«  Quoi? Pas seule? Avec qui? »

Je voyais dans ses yeux de l’inquiétude, une peur qui m’a donnée le courage de sortir de mon agenda une photo de mes filles.

« Ce sont mes filles! »

Une boule s’était formée dans mon ventre, je guettais le moindre signe sur son visage, le moindre battement de cils, le moindre rictus….

Il m’a rendu la photo, s'est levé pour payer l’addition. J’avais l’impression qu’un gouffre se tenait entre lui et moi, son visage était devenu froid. Son téléphone portable a sonné, il a bredouillé quelques mots et est revenu vers moi.

« Je dois partir . Je te téléphone demain ok? »

« D’accord! »

Posté par maman douceur à 21:03 - Julie écrit - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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