11 octobre 2008
Big brother dans mon quartier
Mardi soir, je regardais une émission à la télévision. Elle parlait du Big Brother virtuel. Grâce à Internet nous sommes tous fichés, tous surveillés.
Ce n’était pas une nouvelle pour moi mais je me demandais si cela était dans la nature humaine.
Serions nous tous enclin à surveiller notre prochain? Et si c’était le cas, d’où nous venait cette volonté de tout savoir sur tous?
Le vieux monsieur qui me servait à l’épicerie de mon quartier savait exactement qu’elle sorte de chewing gum j’achetais, mon buraliste me donnait mon paquet de cigarettes sans que j’ouvre la bouche et même ma voisine savait l’heure exacte à laquelle je sortais mon chien pour éviter de me croiser.
Philippe et moi avions rendez vous dans un restaurant qui venait d’ouvrir. Sa particularité était que nous repartions avec un dvd , le restaurant étant équipé de caméras qui nous filmait durant la soirée.
Big Brother s’infiltrait même dans nos assiettes.
Lorsqu’un homme vous raccompagne de votre troisième rencard il est d’usage , que vous échangiez votre premier baiser.
Quel émoi que ce contact rapproché, premier test de compatibilité, le premier baiser laissant présager de la suite des évènements.
Philippe est un homme à protocole. Ce premier baiser était doux, sensuel et nos lèvres semblaient se connaître, ne s’étant pas oublié depuis ces années passées.
Je sentais le zsazsazu (vous savez ce gratouillement , ces papillons qui viennent vous chatouiller le bas ventre) monter en moi, très très bon signe de la suite des évènements.
Et alors que mes yeux s’entrouvraient je vis ma baby sitter nous regarder derrière le rideau.
Big Brother s’invitait chez moi!!!
J’en parlais le lendemain avec Claire et Marie autour d’un café.
-Tu sais ma chérie c’est chose courante et depuis toujours je pense. Moi même je regarde depuis plusieurs semaines chez mon voisin, j’adore mater son petit cul me dit Claire
- Mais enfin Claire ça ne se fait pas de regarder chez les gens comme ça! répondit Marie
-Ce n’est pas tant le geste qui me choque c’est que cela est devenu récurant pour beaucoup de gens. On ne respecte plus aucune intimité , même les toilettes publiques des galeries marchandes ne sont plus totalement fermées; vous savez il y a ce « jour » au niveau du plafond! dis je.
-En tout cas moi je continuerai à regarder mon voisin .Qui sait si sa serviette ne va tomber de ses hanches lorsqu’il sortira de sa salle de bain, un de ces jours.
-Et bien moi je vais aller m’acheter des rideaux! gronda Marie
Finalement tout le monde « mater » tout le monde et depuis toujours. Je me souvenais des histoires de voisinage déjà chez mes grands parents lorsque j’étais petite. Des histoires d’arrosage de pelouse pendant une sécheresse.
Peut être même que c’est comme ça que les différentes tribus d’homo sapiens avaient progresser dans l’évolution, en épiant les autres groupes.
Le lundi suivant je lisais le journal lorsqu’une nouvelle me sauta aux yeux.
« Une femme sauvée par son voisin alors qu’elle faisait une tentative de suicide »
L’article expliquait qu’un homme avait pu arrêté à temps une femme voulant se suicider. En effet habitué à la voir partir faire son jogging tous les matins à la même heure, il avait été étonné ce jour là ne pas la voir.
Il avait frappé chez elle . N’obtenant pas de réponse mais entendant du bruit dans l’appartement , s’était penché par son balcon pour regarder si tout aller bien.
C’est alors qu’il l’avait vu poussant la chaise qui la maintenait au bout du corde. Il avait défoncé la porte de chez elle et l’avait secouru.
Finalement Big Brother pouvaitt être extrêmement pénible mais salvateur également . Une bonne raison pour continuer à pratiquer le voyeurisme...
"le voyeur est toujours captif du réel. et c'est sans doute pourquoi l'onanisme est sa liberté. "
Anthologie de l'érotisme contemporain (1979) Michel Bernard




